Jean MAUREL nous écrit
Au large du Portugal, vendredi 25 avril 2008.
A bord d'Etoile Filante, le bateau organisation, le directeur de course de la Transat AG2R sait aussi prendre du recul sur l'événement. En témoigne ce petit mail révélateur de l'ambiance du bord...
Pour connaître la position
d'Etoile Filante…
Hello PC
Encore une bien belle nuit, vent portant 10, 15 nds, longue houle, dauphins, étoiles et pleine lune, it is not very exciting pour la presse à sensation, mais pour les sensations de la presse embarquée nous ne sommes pas loin du bonheur.
Il est pile minuit et je profite de ce quart en solo pour me souvenir de tous ces bons moments en mer. J'ai retrouvé dans le regard des marins croisés en mer depuis notre départ, cet éclat qui n'existe qu'ici, celui de l'oeil qui perce l'obscurité à la recherche d'un penons ou d'un guindant qui frise. J'ai retrouvé des marins.
Pour la course, désolé, mais à bord, ceux ne sont pas les options, la tactique ou la stratégie qui nous font vibrer mais les belles images, les couleurs, les lumières, les cargos que nous croisons, les pécheurs, le souffle d'une baleine aperçue furtivement hier soir, lorsque nous trinquions ensemble au bonheur d'être un équipage.
Revers de la médaille, cette houle qui nous fout les boules. Sans elle notre plaisir reste solitaire, cela réduit un peu pour mon équipe l'intérêt du voyage, pas pour moi qui voit dans cette panne* toute la symbolique de la navigation. Ici, en mer, rien n'est jamais comme dans le scénario, ni la météo, ni les gens, ni le temps, c'est aussi pour cela que nous prenons la mer. Impossible de rattraper Le Cam, Morvan, nous avons passé 24 h à vue : deux, trois milles, une goutte d'eau pour un directeur de course, une piscine olympique pour un cadreur.
* L'antenne Fleet qui permet de transmettre par satellite les images à terre est en panne. Une rapide escale est prévue à Porto Santo pour en changer.
A suivre sur le site de la Transat AG2R…